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Du « Grand Tour » à Erasmus : l’Europe au bout du voyage ?

Publié le 31 mars 2017 Mis à jour le 4 avril 2017

Colloque international, 6 et 7 avril 2017 aux Archives historiques de l'Union Européenne, Villa Salviati à Florence (Italie).

Date(s)

du 6 avril 2017 au 7 avril 2017

Le colloque a pour objet l’étude de voyages dont l’expérience s’est conclue par une nouvelle idée ou une nouvelle interprétation de l’Europe. La chronologie évoluera d’un âge d’or des voyages qui conservent encore un caractère élitiste à une certaine banalisation du voyage européen dans la société de masse du XXe siècle. Le choix du colloque est de prendre en compte, en Europe, le voyage individuel ou celui de groupes clairement identifiés dont la particularité a été d’arpenter l’Europe guidés par le souci de produire des connaissances et de faire du voyage « une aptitude à négocier dans le commerce des choses et des hommes ». Les acteurs de ces itinéraires européens voyagent pour des raisons familiales, pour étudier, pour commercer, par divertissement, pour assurer la paix ou préparer la guerre, pour penser autrement. Ils arpentent le vieux continent, avec des cultures du voyage différentes et des idées opposées sur la façon de construire une Europe nouvelle ou de défendre une Europe des héritages et de la tradition. Souvent plus qu’un affrontement entre des images conflictuelles de la nation, le voyage contribue à diffuser à l’échelle du continent un modèle unificateur. Mais au fil des voyages, se dessinent dès le XIXe siècle, des contours de l’Europe qui font débat. Apparaissent aussi des lignes de fractures qui opposent, dans l’imaginaire des hommes, une Europe avancée et une Europe du retard, une Europe qui s’identifie à la nouvelle aventure industrielle, aux avant-gardes techniques et scientifiques et une Europe qui est celle d’un patrimoine classique et de l’héritage d’une grande culture. C’est peut-être une des originalités de l’ambition des « pères de l’Europe » d’avoir voulu concilier ces deux images.

Le colloque s’inscrit dans un programme de recherche sur trois années intitulé «Les nations et l’Europe : deux mémoires en parallèle». Ce programme développé au sein du labex Les passés dans le présent, porté par l’Université Paris Nanterre, a pour objectif l’analyse des relations entre le sentiment national et l'idée européenne depuis la fin du XVIIIe siècle. De l’Europe des révolutions qui ouvre le XIXe siècle à celle de Maastricht, un dialogue à la fois conflictuel et complémentaire a été poursuivi entre les tenants d’une identité nationale et ceux qui ont plaidé en faveur d’un destin commun des peuples de l’Europe.

L'objectif de la recherche est d'identifier les forces politiques, les milieux économiques, les groupes de pensée, les personnalités, les milieux culturels qui ont été à la source de ces débats, d’isoler les tournants, les moments de stabilisation, les crises, les conflits qui ont redéfini profondément le jeu de miroir entre les nations et l’Europe.

L’ enjeu de ce programme international est encore de comprendre comment se sont construites par étapes, une mémoire des nations et une mémoire de l’Europe, comment se sont différenciées, au sein même des nations et de l’Europe, des mémoires des régions et d’analyser l’évolution des rapports de force entre ces mémoires sur la scène politique. Cette recherche a aussi pour ambition d’alimenter un débat d’actualité sur la place qu’occupent le sentiment national et l’idée européenne dans le contexte de crise ou les deux identités sont à l’épreuve.

Mis à jour le 04 avril 2017