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La composition du temps ? Prédictions, événements, narrations historiques

Publié le 15 mai 2017 Mis à jour le 16 mai 2017

Il s’agira, dans ce 14e colloque interdisciplinaire de la Maison Archéologie & Ethnologie, de réfléchir sur ce qu’une société considère comme un changement d’état, comme une rupture aux conséquences importantes ; de travailler sur la durée, le rythme et l’agencement des faits entre eux à plusieurs échelles d’analyse.

Date(s)

du 7 juin 2017 au 9 juin 2017

Dans L’effondrement de la civilisation occidentale. Un texte venu du futur (Ed. Les Liens qui Libèrent, 2014), Naomi Oreskes et Erik Conway imaginent un historien qui, à l’occasion de la commémoration de la fin de la Culture occidentale, écrirait, depuis 2093, « sur un passé qui est notre présent et notre avenir (possible) ». Prophétie de malheur ou entreprise de conjuration, l’ouvrage repose sur l’idée que ce qui nous est contemporain est au moins autant lié à l’histoire dont nous héritons qu’aux projets que nous formulons et aux états du monde que nous anticipons.

Il s’agira, dans cette nouvelle édition du colloque de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès, de réfléchir sur ce qu’une société considère comme un changement d’état, comme une rupture aux conséquences importantes. Un événement pouvant se définir comme un bouleversement par rapport à un état antérieur, à tout le moins comme un marqueur temporel impliquant une certaine radicalité et une certaine soudaineté, nous proposons de travailler sur la durée, le rythme et l’agencement des faits entre eux à plusieurs échelles d’analyse.

Du point de vue des acteurs du changement, d’abord, ce colloque se propose d’aborder les modalités d’action dans les circonstances de crise ou de rupture, le rôle de l’anticipation et de la prédiction dans la prise de décision et dans l’action. Cela inclut notamment la divination, l’efficacité des discours prophétiques, la manipulation des calendriers ou encore l’influence de la cosmogonie sur la lecture des évènements. Nous faisons l’hypothèse que les ruptures se lisent aussi au regard des techniques projectives mobilisées par les acteurs sociaux pour envisager leur devenir, les marges d’action dont ils disposent, les contraintes auxquelles ils ont à faire face.

Les ruptures advenues et les crises dépassées, nous souhaitons également aborder, à une autre échelle, les récits mytho-historiques ou de reconstitution qui consignent, chacun à leur façon, les événements ou les saillances temporelles perçus comme tels. De quelle nature et de quelle qualité sont les discours qui rendent possibles les processus de reconstruction des identités ? Quels sont les usages politiques des récits historiques ? Quels sont les outils de leur officialisation ?

Enfin, de manière plus réflexive, il s’agira de s’interroger sur les façons dont historiens, archéologues, anthropologues agencent temps long et temps événementiel. Le temps long donnant l’impression de toujours gagner sur l’événement, quels sont les critères au moyen desquels un fait est considéré comme une rupture ou un marqueur ? Comment narre-t-on l’Histoire ? Et quels sont les ressorts spéculatifs des récits que nous produisons ?

Mis à jour le 16 mai 2017